Après le succès du 10, préparer les prochaines mobilisations

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Le 12 septembre, au Havre

Les manifestations du 10 octobre et le mouvement de grève qui les a accompagnées montrent une réelle et profonde volonté de centaines de milliers de fonctionnaires, qu’ils soient fonctionnaires d’Etat ou de collectivités territoriales, ou personnel de santé, de s’opposer à la politique de Macron. Ces femmes et ces hommes, souvent mal payés et méprisés par l’Etat patron, n’acceptent pas de voir les services publics systématiquement bradés, étouffés par manque d’effectifs… avec toutes les conséquences pour les familles les plus modestes, les enfants des milieux défavorisés.

Cette démonstration de colère et de détermination – car « trop c’est trop » – a été totalement minimisée par les grands médias, qui jouent un rôle important dans la sous estimation du niveau de rejet de Macron, de sa politique et de ses ministres arrogants.

Les ordonnances, ça ne passe toujours pas !

Macron pense certainement que le fait que les confédérations syndicales ne soient pas tombées d’accord, le 9 octobre, sur une initiative commune à court terme contre des ordonnances, lui ouvre le chemin aux attaques suivantes.

Certes, la réunion n’a pas débouché sur un appel à la grève et à manifester, et seule la CGT a lancé un appel pour le 19 octobre. Mais on voit bien que la pression monte dans les autres confédérations, au niveau des militants et d’une partie de la base pour se joindre au mouvement contre les ordonnances, qui n’est pas fini, loin de là.

Le travail d’explication et de mobilisation se poursuit en direction des travailleurs. L’idée qui progresse, c’est qu’avec les négociations de branche ou d’entreprises, au cœur des ordonnances, qui se substituent à la loi – le code du travail, le même pour tous – c’est le triomphe du « toujours moins, toujours plus de flexibilité » pour les travailleurs ; C’est la mise en concurrence accrue, au sein des branches et entre les branches. Les chauffeurs routiers l’ont bien compris : ils se sont mis en grève sur cette question et devant la menace d’un blocage des entrepôts, des routes, des zones industrielles, gouvernement et patronat ont été obligés d’accepter un accord en cinq points (voir notre article dans La Forge d’octobre), « véritable entorse aux ordonnances », en enlevant du champ de l’accord d’entreprise, tout un champ de normes, d’acquis en matière de salaires et de conditions de travail.

Nouveau train de réformes au profit des patrons

Les nouvelles réformes annoncées par Macron (apprentissage, formation professionnelle, assurance chômage), sont dictées par la même logique de rentabilité et de profit maximum pour les entreprises, de baisses des protections pour les salariés et les jeunes et moins jeunes en formation. Pour les chômeurs, ce sera moins d’allocations, plus courtes, plus de radiations et plus de pression pour accepter les emplois précaires, les « mini jobs »…

Elles vont susciter inquiétude, colère et mobilisations, chez les chômeurs, les personnels de pôle emploi (nombreux dans la manifestation parisienne du 10), les formateurs et les élèves des nombreuses entreprises de formation, des centres d’apprentissage…

Après les retraités, ce sont les fonctionnaires qui sont sortis en masse, le 10. La mobilisation contre les ordonnances se poursuit, avec notamment le rendez-vous du 19 octobre. La mobilisation contre la diminution de l’APL, pour la défense du logement social, est lancée, notamment dans les cités populaires, par le collectif « vive l’APL ».

Ce sont ces « vagues montantes » qu’il faut enraciner, qu’il faut faire grandir.