Bruxelles : mobilisations contre le sommet de l’Otan

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Dernière mise à jour : le 26 juillet

Cette année, les mobilisations contre le sommet de l’Otan ont eu lieu essentiellement avant le sommet lui-même, les 11 et 12 juillet, à Bruxelles.

Quatre types d’initiatives ont eu lieu.

Le samedi matin, 7 juillet, une réunion s’est tenue sur la question des armes nucléaires US disséminées dans des bases US et celles de l’Otan, dans les pays européens comme l’Allemagne, l’Italie, la Belgique, la Hollande et la Turquie.

Pour ce qui est des bases installées en Turquie, les ogives auraient été enlevées après la tentative de coup d’Etat attribué à Gülen et la réaction d’Erdogan qui en a profité pour ériger son pouvoir autocratique et qui accuse les USA de continuer à « protéger » Gülen.

L’idée de développer une campagne pour le retrait de toutes les armes nucléaires d’Europe a été discutée. Cela concerne aussi les Etats comme la France et le Royaume-Uni, détenteurs de l’arme nucléaire.

Un récent sondage, organisé par le Mouvement de la Paix et par La Croix, a mis en lumière que l’opposition aux armes nucléaires est majoritaire dans l’opinion publique en France (67 %). Les responsables du Mouvement de la Paix ont également souligné l’importance de la campagne en faveur de la ratification du traité d’interdiction des armes nucléaires, ratifié par 11 Etats membres de l’Onu. Ils ont également annoncé les prochaines initiatives : celle des « marches pour la paix », le 22 septembre prochain, et celles du 14 octobre, centrées sur les « lieux du crime » de l’armement nucléaire français.

Le rejet des armes nucléaires est largement partagé dans les différents pays d’Europe, mais, comme l’ont souligné plusieurs intervenants, il est encore difficile de mobiliser largement sur cette question.

Dans cette première discussion, il a également été question des ambitions militaires de l’UE, notamment celles de l’impérialisme allemand et de l’impérialisme français, y compris dans le domaine des armes nucléaires. Nous y avons défendu la position de « ni Otan, ni défense européenne » qui est partagée par de nombreuses organisations.

Des organisations venues des USA ont également participé à cette discussion. Elles ont abordé la question du combat contre les armes nucléaires aux USA mêmes, notamment autour des bases, des centres de recherche et de fabrication. Elles ont insisté sur les immenses dégâts sanitaires et environnementaux provoqués par l’accumulation de déchets nucléaires. Plusieurs de ces militants ont participé aux actions en Allemagne, contre les bases US et de l’Otan (celle de Ramstein, qui sert au contrôle des drones utilisés au Moyen-Orient), renforçant ainsi les liens de lutte entre les mouvements pacifistes, anti-guerre et anti-Otan, des deux côtés de l’Atlantique.

« Make peace great again »

L’après-midi, une manifestation colorée et bruyante sous le mot d’ordre « make peace great again » a rassemblé quelque milliers de personnes. La tonalité « anti-Trump » était très présente, comme l’an passé, avec cette fois, un accent mis sur la question de la dénonciation de la politique de guerre des USA et de l’Otan.

Dans cette manifestation, le collectif de France, « Non à l’Otan, non à la guerre » a défilé derrière sa banderole, de même que de nombreux collectifs de Belgique, d’Allemagne, du Royaume-Uni… ainsi que le réseau international «  »No to war, No to NATO » qui manifestait autour de la « pieuvre » de l’Otan (voir photo).

Le tract en français et en anglais de la Conférence internationale des partis et organisations marxistes-léninistes d’Europe a été diffusé dans la manifestation, par les amis et militants de la DIDF et d’Emep et par nos camarades (ce texte est sur notre site : http://www.pcof.net/declaration-des-organisations-qui-se-battent-contre-lotan-des-organisations-qui-luttent-contre-la-guerre-des-organisations-pacifistes-des-pays-du-nord-de-leurope/).

 

Le contre-sommet

Le matin du dimanche 8 s’est tenu le contre-sommet, alternant des séances plénières et des travaux en ateliers.

Le contre-sommet a été ouvert par le nouveau responsable de la coalition belge, CNAPD (Coordination nationale d’action pour la paix et la démocratie – www.cnapd.be) et par K. Karch, pour le réseau « No to war, No to NATO » (créé en 2008, à l’occasion du sommet de l’Otan à Strasbourg).

Six interventions ont suivi, dont nous retiendrons deux :

Celle d’un militant pacifiste de Russie, qui est intervenu sur la perception dans son pays de la propagande faite par les USA et les Etats membres de l’Otan, soulignant le fait qu’elle est largement contre-productive et qu’elle est détournée par le régime qui se présente en victime des menées expansionnistes de l’Otan. Il a insisté sur le fait que cela permet aux dirigeants d’occulter la réalité du système capitaliste et de ses conséquences en Russie.

L’universitaire Anne Morelli (professeure à l’université libre de Belgique), est intervenue sur la fabrication de l’image de l’ennemi, sur la base d’images, de documents… tirés d’un de ses ouvrages : « Principes élémentaires de propagande de guerre. Utilisables en cas de guerre, chaude ou tiède… ».

L’après-midi a été consacré au travail en ateliers (au nombre de sept) qui ont permis d’aborder différents aspects de la lutte contre l’Otan.

Les camarades de notre parti ont participé à l’atelier sur les actions à mener au niveau international, jusqu’au prochain sommet, en 2019, qui sera placé sous le signe du 70e anniversaire de cette alliance militaire qui attise les tensions et pousse à la militarisation.

Nous avons aussi participé à l’atelier sur les mobilisations en Belgique, en Italie, contre les bases US et de l’Otan installées dans ces pays et contre l’achat des avions de combat F-35 qui seront équipés des nouvelles bombes nucléaires US. Cet atelier a été animé par C. Polet, du Comité surveillance Otan (www.cso.org) de Belgique, par une responsable du comité « Non à la guerre, non à l’Otan » d’Italie et par un responsable de la CNAPD. Il a permis un très riche échange d’expérience, notamment autour de la mobilisation contre l’achat d’avions de combat par l’armée belge, en l’occurrence le F-35 de fabrication US, qui sera équipé des nouvelles bombes nucléaires B-61 12.

Les militants d’Italie et d’Allemagne ont enrichi cette discussion par les expériences de mobilisation contre les bases US dans leur pays. C’est notamment le cas en Allemagne, où des mobilisations ont lieu, depuis des années, contre les bases US. Quelques jours après le sommet, le 23 juillet, des militants sont parvenus à pénétrer sur la base aérienne germano-américaine de Büchel, pour dénoncer la présence d’armes nucléaires.

Une des décisions prises par les participants à cet atelier, c’est de renforcer les liens d’information et de collaboration entre les différentes organisations qui militent sur ce terrain.

Durant ce contre-sommet, nous avons mis à la disposition des organisations, trois textes : le tract de la Conférence, le texte sur « Otan, UE et Afrique », que nous avons publié dans La Forge et qui est sur notre site, et l’appel -en français et en anglais- des organisations des pays nordiques, contre l’Otan et la militarisation de cette zone. Des représentants de ces organisations ont pris la parole dans la séance plénière, pour souligner l’ampleur et l’importance de cette prise de position commune, au moment où les gouvernements de plusieurs de ces pays prennent des mesures concrètes, de préparation des esprits à une guerre avec la Russie, comme on le voit en Suède : un manuel traduit en plusieurs langues vient d’être diffusé très massivement pour donner des consignes « en cas de guerre ».

La séance plénière finale a été introduite par plusieurs interventions, suivies par la présentation des synthèses des ateliers et par des interventions de la salle.

Une responsable du syndicat socialiste de Belgique, la FGTB, est intervenue sur la nécessité de mobiliser le mouvement syndical sur les questions de la militarisation, en faisant notamment le lien entre les dépenses en matière d’armement et la politique d’austérité.

L’intervention faite par notre camarade, porte-parole du parti, a souligné l’importance de gagner le mouvement syndical et la jeunesse au combat contre l’Otan et les politiques de militarisation et de guerre. Il a également souligné la richesse des débats de cette conférence, les engagements collectifs pris pour la poursuite du travail de mobilisation au niveau de chaque pays et au niveau international, qui s’inscrivent dans la préparation du prochain rendez-vous, le sommet des 70 ans de la machine de guerre qu’est l’Otan, et donnent une continuité à notre travail en commun.

Ce contre-sommet a été traversé par trois grandes questions et préoccupations.

La première concerne l’appréciation du contexte international, marqué par une nouvelle phase de la « course aux armements », la militarisation des budgets, les tensions qui se multiplient, avec une « retour » de la confrontation entre les USA et leurs alliés de l’Otan et la Russie.

Dans ce contexte, le recours aux armes nucléaires « tactiques » est envisagé ouvertement et la perspective d’une politique militaire « européenne », basée sur une coopération accrue entre les armées et entre les grandes entreprises d’armement est mise en avant par les grandes puissances qui dominent au sein de l’UE : la France et l’Allemagne.

La deuxième concerne les objectifs de Trump pour ce qui concerne l’Otan. Il est clair qu’il a réussi à imposer l’objectif des « 2 % » du PIB pour les budgets d’armement de tous les Etats membres de l’Otan, et que cet objectif vise à militariser l’Europe, face à la Russie. Le refus de la politique européenne de défense, la dénonciation de ses mécanismes (la PESCO, le fonds européen pour la défense, la coopération encouragée et financée par le fonds européen, entre les grands groupes militaro-industriels) doivent être encouragés et développés, et nous en faisons un axe important de notre travail. C’est le sens du mot d’ordre « Ni otan, ni défense européenne, pour la paix et la solidarité internationale entre les peuples ».

Cela renvoie à la troisième question; celle de la mobilisation des travailleurs, des jeunes, des peuples, contre les politiques de guerre, la militarisation, contre l’Otan… Car il faut transformer le sentiment général de refus des politiques de guerre en mobilisations concrètes, des mobilisations qui doivent avoir un caractère internationaliste et populaire.

Les mobilisations au moment du sommet de l’Otan

Les deux jours durant lesquels s’est tenu le sommet à proprement parler, les 11 et 12 juillet, les organisations de Belgique ont multiplié les actions de protestation, notamment à l’occasion du « dîner de gala » donné en plein centre de Bruxelles aux participants au sommet. Plusieurs arrestations ont eu lieu, alors que les actions avaient un caractère pacifique.

Photos de L. Whirl et de nos camarades présents à Bruxelles.

Les deux marionnettes de Trump et de Michel, le premier ministre de Belgique

Interventions en début de manifestation, devant la Gare du Nord de Bruxelles

 

La pieuvre de l’Otan

La banderole du collectif de France, « non à l’Otan, non à la guerre »

La table d’intervenants lors de la session plénière finale