La page de la tournée organisée par le collectif pour la libération des enfants palestiniens emprisonnés en Israël : Paris, St Pierre des Corps (37), Strasbourg, Pau…

Succès de la première réunion publique à Paris de la campagne pour la libération des enfants palestiniens emprisonnés par Israël
11 novembre 2018

Le 15 novembre à Pau

Une centaine de personnes rassemblées dans le chapiteau d’Emmaüs-Lescar. Les Palois se sont déplacés jeudi 15 novembre pour accueillir le témoignage du jeune palestinien et de son avocat. Cette soirée a été un temps fort de la campagne pour la libération des enfants palestiniens emprisonnés en Israël. Elle a été une leçon de vie et de lutte sur le peuple palestinien.

Cela faisait deux semaines que la campagne avait pris une tournure militante intense sur Pau puisque la pétition a été signée en divers lieux à l’initiative d’organisations signataires de la soirée (AFPS, PCOF, FI, PCF d’Orthez…) : au meeting de Mélenchon, lors de la manifestation de l’éducation nationale, à Emmaüs, au marché d’Ousse des Bois, sur la fac de Pau, etc. Au total, c’est presque un millier de signatures qui a été recueilli.

La soirée avec le jeune palestinien et son avocat a été une réussite. Elle a rassemblé et a permis de faire connaitre la campagne pour la libération des enfants palestiniens. Elle a permis de rendre vivante cette malheureuse réalité. Elle a permis de faire le lien entre la situation des enfants palestiniens et l’oppression de la Palestine par l’Etat colonial et raciste d’Israël. Le jeune Palestinien a ému la salle par les persécutions qu’il a subies. D’autres Palestiniens présents dans la salle ont apporté leurs témoignages sur l’aspect répressif de l’Etat d’Israël, notamment à l’encontre des enfants. Ces témoignages ont conforté la salle dans la nécessité de poursuivre et d’élargir cette campagne. C’est d’ailleurs en ce sens qu’est intervenu notre parti lors de cette soirée : poursuivre la campagne, l’élargir à toutes les forces qui veulent agir pour le peuple palestinien, pour les enfants palestiniens et les prisonniers politiques palestiniens. Il s’agit de mener une lutte politique pour la libération des enfants palestiniens, et de populariser la cause palestinienne auprès de couches toujours plus large de la population. La présence de tous les fauteurs de guerre à Paris le 11 novembre (Macron, Trump, Netanyahou, Poutine) a aussi été dénoncée. Ils sont responsables des guerres impérialistes et de l’oppression de peuples comme celui de Palestine.

Les participants sont repartis avec l’envie de faire partager cette campagne dans leur entourage. D’autres initiatives sont en réflexion pour poursuivre cette campagne.

 

Le 12 novembre à Strasbourg 

Ce furent 4 jours intenses de solidarité, de discussions, de rencontres et d’amitié. 16 associations et organisations ont signé l’appel pour la campagne et soutenu le meeting en appelant sur leur site et leur réseau. Ce sont 6000 invitations qui ont été distribuées (5 diffusions collectives dans les endroits passants de la ville en plus des diffusions de chacune des organisations), signatures de pétition, et discussions innombrables…

Réunion Publique de Strasbourg : plein succès pour la solidarité

La salle était prévue pour 120 personnes. Elle était comble et il a fallu rajouter des chaises.
Les organisations signataires étaient présentes, dont certaines en nombre. Il y avait également une délégation de l’AFPS du Haut-Rhin, des militants associatifs et politiques, des militants syndicalistes. Nous avons salué la présence de l’avocat palestinien de Jérusalem, Jehad Abu Raja, de passage à Strasbourg pour une autre réunion, et qui a tenu à marquer sa solidarité.
A la tribune : Nadeem et Radi, ainsi que Lana Sadeq, du collectif national de la campagne. Un militant de l’UJR a assuré la traduction.

Une salle pleine et attentive

Présentation de la soirée

Après l’introduction et la présentation de la campagne, Nadeem et Radi ont témoigné. Les questions ont ensuite fusé : sur les conditions de détention, pourquoi cet acharnement contre les jeunes, quel but poursuit le gouvernement israélien, comment les jeunes peuvent-ils encore apprendre dans ces conditions, comment s’est passé l’arrestation, est-ce que les avocats sont écoutés et leur défense prise en compte, pourquoi les autres états, surtout les états arabes, ne s’insurgent-ils pas, pourquoi la presse locale a-t-elle boycotté les deux conférences de presse, c’est inadmissible, il faut faire quelque chose… ; une participante a parlé de son voyage en Palestine et de sa profonde indignation devant les tortures faites à un jeune devant ses yeux…
Nadeem, Radi et Lana ont répondu à toutes ces questions. Parfois l’émotion a été trop forte et les paroles manquaient à Nadeem pour répondre sur les détails de ses 7 arrestations. La force de résistance de Nadeem s’est exprimée lorsqu’il a expliqué que poursuivre ses études était essentiel ; lors de ses arrestations, les soldats israéliens le menaçaient en lui disant « Les études c’est fini pour toi ». Radi a expliqué les difficultés du travail des avocats, qui sont parfois écoutés devant les tribunaux civils à Jérusalem mais qui sont impuissants face aux tribunaux militaires. Le travail d’Addameer, outre l’assistance juridique et humaine, consiste à informer et développer la solidarité, en Palestine et au niveau international.
Et la solidarité s’est exprimée concrètement dans la salle par la question d’une jeune fille, approuvée par les hochements de tête de l’assemblée : « Que pouvons-nous faire pour aider ici en France ? » La campagne est loin d’être finie. La venue de Nadeem et Radi montre l’importance de la poursuivre jusqu’à atteindre l’objectif fixé.
La conclusion du meeting, faite par une militante de DIDF au nom du collectif local, a salué le courage de Nadeem et Radi et le travail d’Addameer. Elle a montré le « vrai visage d’Israël » et la responsabilité du gouvernement français qui a renforcé les relations économiques avec Israël. Elle a insisté sur l’importance de poursuivre cette campagne pour faire pression sur le gouvernement français, pour qu’il oblige l’Etat d’Israël à libérer les enfants.
A la fin du meeting, Nadeem et Radi ont été sollicité par de nombreux participants. Des jeunes, des syndicalistes, des militants pour la Palestine ont tenu à les saluer personnellement. Les jeunes de l’UJR ont échangé avec Nadeem et ont fait une interview. Nadeem était heureux de savoir que la jeunesse en France était solidaire.
La solidarité s’est aussi exprimée par un soutien financier : plus de 200 € à la quête au drapeau – Vente de gâteaux organisée par Femmes Egalité. DIDF avait prévu thé et café, ce qui n’a malheureusement pas été réalisable dans cette salle. Une amie a apporté les drapeaux et les kéfiés qui ont servi à rendre la table des intervenants très belle. Sans compter les affiches, la banderole, la logistique qui ont été prises en main par les uns et les autres.
Ce succès a été possible car cette soirée a été le fruit d’un travail collectif intense et par la mobilisation de nombreux militant(e)s.

Hautepierre : Nadeem rencontre des jeunes de quartiers populaires

Rencontre avec les jeunes du quartier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des camarades ont préparé, avec l’aide active d’animateurs d’un Centre Socio-Culturel, une rencontre entre Nadeem et Radi et les jeunes du quartier. C’est une bonne trentaine de jeunes, dont une grande majorité de filles, qui attendaient l’arrivée de Nadeem dans la salle. Ils ont été très attentifs au diaporama qu’a présenté un camarade pour introduire la discussion.
L’échange a été très franc, intense et direct. Beaucoup de curiosité et d’amitié. Pourquoi a-t-il été arrêté, pourquoi les soldats ont fouillé la maison (question d’un jeune de 9 ans), pourquoi les palestiniens lancent-ils des cailloux, est-ce qu’il n’a pas peur de se faire emprisonner à nouveau, comment peut-il rester stable psychologiquement avec ce qu’il a vécu, pourquoi l’Arabie Saoudite ne soutient pas les palestiniens (question d’un plus âgé), est-ce qu’il y a des restaurants et des cinémas en Palestine, …. Des questions à Radi en tant qu’avocat : Est-ce que leur rôle est important, comment faire face à l’injustice, comment aider ? Les jeunes ont été emballés lorsque Radi leur a proposé d’écrire aux enfants palestiniens en prison : à qui on peut écrire, est-ce qu’on peut leur envoyer des cadeaux… ?
Les jeunes ont écouté et sont intervenus avec respect et un grand sérieux. Ils ont tous voulu signer la pétition, et ceux qui n’avaient pas 18 ans étaient frustrés lorsqu’on leur a dit qu’ils ne pouvaient pas.

Parlement Européen :
Nadeem et Radi sont reçus par la délégation pour les relations avec la Palestine

Parlement : Nadeem témoigne

Jeudi matin, Nadeem et Radi ont été reçus et auditionnés par une dizaine de députés. Le président de la délégation des relations avec la Palestine a commencé par évoquer et condamner la flambée de violence contre Gaza qui avait eu lieu l’avant-veille. Puis il a évoqué la situation des enfants palestiniens emprisonnés. Il a ensuite donné la parole à Nadeem puis à Radi qui ont pu s’exprimer en toute liberté. Les députés présents connaissaient la situation en Palestine, une délégation s’y était rendue récemment en septembre et un compte-rendu avait été fait. Lors de cette audition, des propositions ont été émises : intervenir lors de la journée internationale de l’enfance ; faire s’impliquer davantage l’Union Européenne pour appliquer la législation internationale, principalement celle de la protection de l’enfance. Un des représentants nationaux de la campagne pour la libération des enfants palestiniens a pu prendre la parole et présenter la campagne.
Des représentants du collectif local (Mouvement de la paix, Cimade, PCOF, des militantes pour la Palestine) ainsi que l’avocat Jehad Abu Raya ont tenu à soutenir l’audition par leur présence.

4 jours forts de solidarité et d’amitié qui ont permis de resserrer les liens entre militants actifs dans la campagne et la cause des enfants palestiniens. Dans le travail, mais aussi dans les moments conviviaux de repas pris en commun, de promenade avec les amis palestiniens. La volonté de poursuivre ensemble jusqu’à atteindre notre objectif commun a été maintes fois exprimée. Faisons franchir à cette campagne une nouvelle étape : une mobilisation encore plus large et plus déterminée.

 

 

Le 10 novembre à St Pierre des Corps (37) 

De gauche à droite : le responsable de l’AFPS, Dalal Abusaoud du collectif national, le jeune Nadeem Zahra, qui a été emprisonné alors qu’il n’avait que 13 ans, l’avocat de l’association Adammeer qui l’accompagne.

Le comité Tourangeau de l’AFPS avait organisé cette soirée publique avec la participation active du PCOF et de BDS afin de rencontrer Nadeem Zahra, jeune palestinien, mineur au moment de son incarcération et de l’avocat Maître Darwich.

La soirée a été présentée par Dalal Abusaoud représentante du Collectif national de la campagne. 70 personnes y ont participé. Celle-ci a commencé par la présentation du film « La case Prison » de Franck Salomé. Documentaire tourné en Cisjordanie qui montre dans quel contexte les enfants palestiniens sont emprisonnés.

A travers ce film, on comprend que c’est toute la société palestinienne, adultes comme les enfants, qui est sous la menace permanente d’emprisonnement arbitraire.Cette menace et cette réalité visent à démoraliser toute la société pour l‘empêcher de se lever contre l’oppression israélienne…

Ce film est basé sur des témoignages d’anciens prisonniers ou de leur famille, de rapports internationaux, d’avocats, d’anciens soldats israéliens…

Depuis 3 ans, le nombre des enfants emprisonné dans les prisons israéliennes a été multiplié par 2.

En 2017, 360 enfant entre 12 à 18 ans ont été emprisonnés. Aujourd’hui ils sont 270.

Lors différentes questions qui ont pu lui être posé lors de cette soirée, Nadeem Zahra a notamment expliqué que la première fois qu’il a connu la prison, il avait 13 ans. Les officiers israéliens sont rentrés violemment une nuit dans la maison de ses parents.Ils l’ont tiré du lit en lui donnant 2 mn pour sortir. Ils étaient cagoulés. Ils lui ont bandé les yeux l’ont menotté et ont fouillé la maison de fond en comble.

Pourquoi il avait été arrêté ? Il ne l’a jamais su. Il a été conduit dans une jeep et tabassé, puis abandonné sur un terrain vague dans le froid et la pluie avant d’être amené dans un centre d’interrogatoire en Israël. Toujours les yeux bandés, à tour de rôle les officiers lui demandaient toujours pourquoi il était là (?!). Ils étaient de plus en plus nombreux et le tabassaient. Au début ils étaient trois pour l’interroger. L’un l’interrogeait, l’autre insultait…  et ce jusque tard dans la journée. Ils ne cessaient de lui demander: « Pourquoi es-tu incarcéré ? ».

La période d’interrogatoire a duré quatorze jours, de 6h du matin à 16h, sans manger. Ils étaient plus de 20 jeunes dans une pièce qui ne pouvait contenir que 5 à 6 personnes. Sans droit à un avocat, ni droit de visite pour la famille. Au bout de quatorze jours, il a été relâché mais avec sa famille a dû payer une caution de 1500 shekel et il a été assigné à résidence pendant un mois.

Après la relaxe, le responsable des services secrets l’a convoqué, l’a menacé de l’empêcher de pouvoir continuer ses études. « Il m’a prévenu qu’ils m’arrêteraient de nouveau ». Effectivement il a été arrêté à nouveau six fois. Sans pour autant affaiblir sa détermination à poursuivre et terminer ses études.

A quelqu’un qui lui demandait:  » comment faites-vous pour ne pas être en colère » ? Il a répondu:« Parce qu’on sait que la cause palestinienne est une cause juste ».

A une autre personne qui lui posait la question si lui et ses ami-es étudiants avaient un soutien des organisations étudiantes palestiniennes? Il a répondu qu’il étudiait à l’université de Birzeit la comptabilité et qu’appartenir à une organisation étudiante en Palestine était passible de prison. Mais que cette solidarité existait. Et sur l’université, il y a un avocat spécialisé dans la défense des étudiants palestiniens.

Le représentant de l’AFPS local a aussi fait remarquer que cette université de Birzeit si elle est en territoire palestinien occupé, théoriquement sous autorité palestinienne, dans la réalité c’était une toute autre histoire.

Un exemple des tracasseries vis-à-vis des palestiniens a été donné avec quelqu’un qui fait des études d’architecture en France. Il a obtenu un poste à l’université de Birzeit mais ne peut s’y rendre à cause des checks-points. Il habite Jérusalem-Est. Pour aller à l’université il faut dix minutes. Mais avec les barrages il faut plusieurs heures. Et s’il quitte Jérusalem-Est sa maison sera réquisitionnée du fait de la « loi des absents ».

Jérusalem-Est a un statut très spécial depuis 1967. C’est une juridiction israélienne qui accorde un « statut long séjour » pour les résidents arabes. Mais s’ils quittent leur maison, ils peuvent perdre ce statut.

Lors de la soirée, Il a été aussi question de la différence des droits pour les prévenus palestiniens. Un avocat ne peut pas réellement défendre un accusé palestinien car il n’a pas accès au dossier. Pour connaître le dossier il faut le demander au juge, qui seul peut avoir accès aux informations. Pas l’avocat.

A la fin de la soirée des participants ont demandé à ce que l’on aille faire signer la pétition de la campagne, le lendemain devant le cinéma à Tours où le film « Samouni road » de Stefano Savona, sur les conséquences des bombardements israéliens pendant l’opération « Plomb durci » était projeté.

Une vue de la salle

 Voir aussi

Succès de la première réunion publique à Paris de la campagne pour la libération des enfants palestiniens emprisonnés par Israël