Le journal du mois d’avril est paru

Le journal du mois de Mars est paru
8 mars 2017

Edito

Mars : un mois de luttes des travailleurs (euses) et des peuples

Le mois de mars aura été celui du printemps des mobilisations, en France et

en Guyane.

Une décision à plusieurs milliards, un projet qui s’étalera sur plusieurs années

et qui devrait engager le prochain gouvernement. La droite ne s’y opposera

certainement pas. Cela fait partie des engagements à consacrer plus d’argent

au budget de l’armement, l’objectif des fameux 2% du PIB qui est la norme

et le dogme de l’Otan et de Trump, objectif repris par pratiquement tous les

candidats à la présidentielle.

Le coup d’envoi a été donné par la mobilisation du 8 mars, avec une mobilisation

de syndicats, d’organisations de femmes, d’associations, de partis

politiques, pour mettre au coeur de cette journée internationale de lutte des

femmes, les questions de l’égalité des droits au travail, à commencer par

l’égalité des salaires. Ce 8 mars 2017 marque un pas important dans la prise

en compte des exigences des femmes des milieux populaires, des femmes

travailleuses, avec cette grève à 15h40, des mobilisations dans des secteurs

« féminisés », des diffusions collectives de tracts… et bien sûr, des manifestations

de rue, combatives, associant femmes et hommes. L’engagement à

poursuivre ce travail en commun, autour des revendications les plus urgentes,

ouvre des perspectives nouvelles pour toutes les organisations impliquées

dans le combat pour les droits des femmes.

Le 19 mars, les anti-racistes, les militants qui se battent pour dénoncer les

violences et l’impunité policières, les collectifs de soutien aux victimes et les

familles, les organisations qui dénoncent la politique néocoloniale de l’impérialisme

français, des syndicats, des partis politiques… se sont retrouvés

dans la rue dans une marche « pour la dignité et la justice ». Une manifestation

tonique, unifiée autour de mots d’ordre, tel que « Zyed, Bouna, Théo

et Adama, on n’oublie pas, on ne pardonne pas ». Cette mobilisation inscrit

dans la société le fait qu’il n’y a pas de « bavures » policières, mais des

crimes. Cela participe de la dénonciation de l’Etat policier, de l’Etat d’urgence

et de la criminalisation des jeunes des quartiers populaires. La justice se

refuse toujours encore à mettre en prison les policiers criminels et continue

à le justifier au nom de la « légitime défense » ce qui crée un climat malsain

et entraîne une montée de la violence policière. Face à cela, les victimes ne

baissent pas la tête et s’organisent. Il est certainement trop tôt pour vouloir

« fédérer » les associations, familles, collectifs, organisations, car il y a des

préjugés à combattre, des divergences à surmonter. La crainte de la récupération

est forte, nourrie notamment par les expériences des promesses des

gouvernements PS jamais tenues. Mais l’expérience de l’organisation de cette

marche et sa bonne « tenue », qui a permis à toutes et tous de s’exprimer,

sont des pas importants dans le travailler ensemble, sur des objectifs

concrets.

Les mobilisations des travailleurs de la Santé, souvent soutenus par des collectifs

d’usagers, continuent dans les hôpitaux, les EPAD, autour des centres

de santé…, touchés par la politique de restructurations, de fermetures, qui

rendent les conditions de travail insoutenables. Dans les entreprises, toutes

tailles confondues, les mobilisations sur les salaires se multiplient, dans un

total silence médiatique.

Depuis deux semaines, quelque 120 travailleurs sans papiers, organisés par la

CGT, occupent la tour centrale de la société gestionnaire du MIN de Rungis,

le plus gros marché de produits frais de France. Leur revendication : leur

régularisation. C’est une grève préparée minutieusement par les militants de

l’UL de Rungis et de l’UD 94, dont plusieurs avaient participé aux grèves de

2006 et 2008. La détermination est grande, l’unité forte et le soutien des

structures syndicales, d’organisations démocratiques, de partis politique est

important. Notre parti, l’UJR, travaillent pour faire connaître largement cette

grève, comme ils l’ont toujours fait lors des grandes grèves pour la régularisation

des travailleuses et travailleurs sans –papiers. Chacun comprend qu’il

faut tout faire pour que les grévistes obtiennent satisfaction. Ce combat

concerne avant tout les 120 travailleurs, intérimaires dans leur grande majorité,

qui se sont lancés dans la grève. Mais il a une portée bien plus grande :

c’est une réponse claire et forte à la campagne de division des travailleurs,

déversée quotidiennement sur les ondes et les écrans des médias par les

M Le Pen, Fillon et autre Dupont Aignan en campagne présidentielle.

A la fin de ce mois de mars, en Guyane, ce sont les travailleurs et les travailleuses,

la jeunesse, les mères de famille, les salariés du secteur public et ceux

du privé, les associations de quartiers, les associations culturelles, les organisations

qui se revendiquent du combat pour l’indépendance… qui se sont

mobilisés. En quelques heures, les grandes villes étaient bloquées, les barrages

étaient érigés, bien organisés, pour tenir le temps qu’il faudra. Cela fait

si longtemps que ces travailleurs, ce peuple, exigent l’attention des autorités,

exigent le respect, alertent sur la situation économique et sociale qui se

dégrade. A un moment donné, la misère, sur fond de délabrement des services

publics, l’électricité qui n’éclaire qu’une partie des cases du pays, les

déplacements périlleux et incertains qui rendent tout plus compliqué, le

chômage qui atteint 40% chez les moins de 25 ans, l’avenir bouché… ne sont

plus supportables. A côté de cela, ce sont les millions qui partent à chaque

tir des fusées qui décollent de la base spatiale de Kourou, les chantiers

d’agrandissement qui engloutissent d’autres millions, qui partent dans la

poche des grands groupes du BTP, des hauts fonctionnaires qui passent deux

ou trois ans et qui repartent, lestés de primes…

Le gouvernement a commencé par ignorer ce mouvement qui ne cessait de

gagner en ampleur. La Guyane, c’est loin de la campagne électorale et quand

certains candidats y viennent, c’est pour essayer de grappiller des voix et

repartir après avoir fait quelques promesses, jamais tenues.

Ce manque de considération a fait monter la colère. La « ministre des

Outre-mer », voulait bien venir, si d’abord tout rentrait dans l’ordre ! De

quel ordre parle –t’elle ?

Elle a fini par aller, cornaquée par le ministre de l’intérieur. Ils disent vouloir

régler les questions « rapidement », à des habitants qui attendent

depuis des dizaines d’années que les promesses faites au moment des

émeutes, connaissent un début de réalisation.

Dans un premier temps, les candidats aux élections ont exprimé leur

« sympathie » et leur « soutien » aux habitants de la Guyane pour très vite

reprendre le fil de leur campagne.

La mobilisation du peuple de Guyane est venue rappeler que l’impérialisme

français maintient des peuples sous la domination coloniale, qu’il n’est pas

intéressé par le développement de ces colonies, si ce n’est dans les

domaines qui lui rapportent des richesses, notamment du sous-sol, du prestige

lié à leurs positions géostratégiques.

Décidément, ce mois de mars aura été un mois de luttes des travailleurs et

des peuples, pour leurs droits, pour vivre dignement, pour la solidarité,

contre un système qui ne leur apporte rien de tout cela. En participant à

ces combats, en les soutenant, en organisant la solidarité, nous faisons

notre campagne à nous, celle pour une changement révolutionnaire.