Macron rend visite au dictateur marocain : nous, nous préparons les mobilisations contre sa politique

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Macron et son épouse sont allés rendre visite, de « façon privée » au roi du Maroc. Ils n’ont certainement pas parlé de la contestation sociale qui ne cesse de grandir dans ce pays, notamment depuis la mort d’un vendeur de poisson, en décembre dernier, broyé par une benne à ordures, en présence de policiers qui le harcelaient (voir La Forge actuellement en vente).

Cette contestation, partie de la région du Rif, s’est étendue à tout le pays, où les inégalités sociales, le poids du régime « de droit divin » et la richesse des possédants, l’impunité dont ils bénéficient, ne sont plus supportables par les larges masses de la population.

Aller visiter le monarque autocrate, c’est se ranger ostensiblement dans ce camp.

Pendant ce voyage, les militants d’En Marche et ceux des autres formations qui se présentent, continuent d’essayer de mobiliser pour le deuxième tour de ces législatives. Face à la perspective d’une assemblée « bleue Macron », les candidats soutenus par les forces à la gauche du PS auront nos voix. L’abstention va encore être très élevée, soulignant une fois de plus, le rejet massif, dans les couches populaires du système électoral qui permet à un candidat qui n’obtient qu’un peu plus de 15% de voix, d’être élu président et de bénéficier d’une majorité de députés. Ce n’est pas seulement le fonctionnement de ces élections mais bien la pseudo démocratie que prétend instituer ce système électoral, un des piliers de la démocratie bourgeoise, qui est rejeté.

Le tandem Macron-Philippe ne perd pas de temps pour mettre en œuvre les contre réformes qui touchent aussi bien le code du travail et les ordonnances que l’état d’urgence permanent et banalisé.

Le plan de discussions proposé aux directions syndicales s’étale sur des semaines, essentiellement pour gagner du temps, pour empêcher que ne s’organise tout de suite la riposte syndicale, sociale et politique. A quoi cela sert il d’attendre les « résultats » de ces discussions, alors que l’essentiel est déjà annoncé ? Pour nous, comme pour beaucoup de militants syndicaux :

– la barémisation des indemnités prud’homales, c’est non !

– Le référendum à l’initiative des patrons, pour faire passer leur loi, dans leur entreprise, sur les salaires, les conditions de travail, les horaires… c’est non !

– La fusion des instances représentatives du personnel, avec ou sans moyens supplémentaires, c’est non !

– L’augmentation de la CSG et son application à tous, y compris aux retraités, c’est non !

Deux rendez-vous sont donnés, pour l’exprimer :

Celui du « front social », le 19 juin et celui de la CGT, le 27, jour de l’installation de la nouvelle Assemblée.

Ces rendez-vous sont des étapes dans la construction du rapport de force nécessaire pour contrer la politique anti ouvrière et anti populaire de Macron-Philippe.

Il y a d’autres terrains de mobilisation : celui de la solidarité avec les combats menés dans les entreprises : celui des GM&S, pour que l’Etat respecte son engagement à obliger Renault et PSA à passer des commandes pour que l’usine continue à tourner. C’est ce que les 3000 manifestants ont exigé, avec les GM&S, à la Souterraine et cette exigence doit être satisfaite.

Ce sont les mobilisations qui se développent, partout dans le pays, contre les fermetures de bureaux de poste. Quand les usagers avec les travailleurs concernés, manifestent, occupent les bureaux, ils arrivent à obliger la direction à négocier et souvent à reculer. Ces luttes qui réunissent aussi les militants des différents partis politiques, des associations, les différents syndicats, permettent de se retrouver ensemble, unis, après toute cette période de division électorale.

Il y a également un front qui se construit contre le projet de faire passer dans la loi, l’ensemble des dispositions de l’état d’urgence, pour « pouvoir en sortir » comme le prétend le gouvernement. Une « sortie » qui revient à permettre aux préfets, à la police, de recourir, en temps « normal », aux mesures jusqu’ici « exceptionnelles ». Outre le recul des libertés démocratiques que cela représente, et contre lequel une mobilisation commence à se dessiner, c’est aussi un moyen d’affecter les milliers de soldats de « sentinelle » à leur « vocation » première, à savoir, les opérations extérieures, en Afrique, en Irak, en Syrie, dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme ».

Macron aura une majorité au parlement, mais il y aura aussi de plus en plus de militants, d’hommes et de femmes, de jeunes, dans la rue, pour contrer sa politique. C’est en tout cas, ce à quoi nous travaillons, avec toutes les forces qui sont disponibles.