Prises de position des partis et organisations marxistes-léninistes

Espagne Premier bilan rapide du résultat des élections Communiqué du Parti Communiste d’Espagne (marxiste-léniniste)
13 novembre 2019

Italie

Covid-19: la lutte des classes ne s’arrête pas !

Le gouvernement Conti, grâce à son décret sur le covid-19, a imposé la fermeture des écoles, des magasins et a instauré une sorte d’état de siège, suspendant les droits fondamentaux des travailleurs et des masses, comme le droit de grève, de réunion, de manifestation, de mouvement, etc… En même temps, les usines sont laissées ouvertes et la libre circulation des biens (y compris la force de travail) est garantie comme le demandent les principales organisations patronales.

Les travailleurs de différentes usines, du Nord et du Sud du pays, ont spontanément décidé de faire grève contre le manque de mesures sanitaires et de moyens de protection, pour le nettoyage sanitaire des lieux de travail, et pour dénoncer l’absence de fonds de secours dans de nombreuses entreprises. Dans les mêmes jours, 12 prisonniers dans les prisons surpeuplées sont morts alors qu’ils réclamaient le droit à la santé.

Les grèves ont montré que les capitalistes et leur gouvernement n’ont aucun intérêt réel pour la santé et la sécurité des travailleurs; le gouvernement prétend garantir la «liberté d’entreprise» sans protéger les droits sociaux des travailleurs qui créent toute la richesse du pays.

Ces «messieurs» ne s’intéressent qu’à l’extraction de la plus-value produite par le travail des esclaves salariés, qui est la source du profit capitaliste et des revenus de toutes les classes d’exploiteurs, et en même temps la principale cause de la ruine de la santé et de la vie des travailleurs.

Les grèves ont montré la situation dramatique qui est la conséquence de dizaines d’années de politique de démantèlement du système de santé public, mené par tous les gouvernements au pouvoir, pour favoriser le profit des patrons de la santé privée et augmenter les dépenses pour l’armée et pour l’armement.

C’est la raison pour laquelle le gouvernement Conti essaie de faire peser sur les épaules des classes populaires la responsabilité de la lutte contre Covid-19, forçant ceux qui ne travaillent pas à être enfermés chez eux dans une sorte d’assignation à résidence.

Les grèves des travailleurs représentent une réponse positive au système d’exploitation et d’oppression de la classe capitaliste. Les travailleurs ont brisé le climat de démobilisation imposé par les leaders des syndicats collaborateurs et le silence sur leurs conditions de travail et de vie, en ce moment particulièrement difficile.

Après ces grèves, le gouvernement, les patrons et les dirigeants syndicaux ont signé un «accord partagé» contenant certaines mesures pour protéger la santé des «personnes qui travaillent». En réalité cet accord permet de poursuivre les activités productives sans réelles mesures de santé et sans sanctions pour les patrons. Les personnes qui travaillent dans les entreprises, comme celles qui livrent de la nourriture et d’autres travailleurs précaires, ne sont pas pris en compte dans cet accord. La priorité est d’éviter les grèves, les blocages, les réunions … Les obligations ne concernent que les travailleurs qui doivent continuer à travailler sans pouvoir respecter la distance de sécurité de 1 mètre!

L’acceptation des revendications des travailleurs n’est pas à mettre à l’actif des patrons ni et des concessions du gouvernement, ni la conséquence de la politique de monopole de l’UE et du collaborationnisme syndical.

Les travailleurs ont – à notre avis – une tâche: continuer à lutter sur les lieux de travail et dans tous les autres endroits où ils développent une activité professionnelle pour défendre leur propre santé, leur propres intérêts et droits. Pas de production sans sécurité !

Les communistes et les militants syndicaux ont pour tâche d’unir leurs forces dans chaque réalité ouvrière et syndicale, dans les coordinations, dans les comités, dans les collectifs, pour obtenir avec une forte mobilisation la satisfaction des revendications urgentes de la classe ouvrière!

Nous voulons une société dans laquelle ce ne sont pas seulement les plus forts qui survivent; nous voulons une société dans laquelle tout le monde a droit à une assistance adéquate (même en cas d’épidémie); nous voulons une société qui ne dépense pas de façon absurde l’argent public dans l’armement, mais au contraire le dépense dans le système de santé public et universel; nous voulons une société où le peuple, libre d’exploitation, peut exprimer toutes ses potentialités créatives.

L’épidémie de Covid-19, entre autres maux sociaux, souligne les limites intrinsèques du système capitaliste et de la politique criminelle et inhumaine de la bourgeoisie, une classe qui ne peut garantir aux masses ouvrières une vie décente, provoquant des maladies et des décès au nom de la recherche du profit.

Il faut éliminer le mode de production capitaliste pour conquérir, avec la révolution prolétarienne, un nouveau mode de production et de vie: le socialisme.

Il faut donc organiser les communistes dans la lutte pour la reconstruction du Parti!

«La classe ouvrière n’a qu’une seule direction à suivre : la lutte jusqu’à la victoire si elle veut se sauver elle-même, et l’humanité entière, de la ruine.» (Antonio Gramsci)

Le 15 mars 2020

La coordination communiste de Toscane

La coordination communiste de Lombardie

La plateforme communiste – pour le parti communiste du prolétariat d’Italie. Membre de la Conférence Internationale des Partis et Organisations Marxistes Léninistes

Espagne

La véritable plaie s’appelle le capitalisme

L’arrivée du virus COVID 19 en Europe il y a à peine quelques semaines, avec son extension rapide au point d’atteindre des chiffres réellement préoccupants en Italie, et Espagne, est venue confirmer, une fois de plus, que le capitalisme est un géant aux pieds d’argile.

Il a suffi de quelques décennies de stabilité sanitaire en Europe occidentale (créée grâce au modèle sanitaire publique instauré après le IIème Guerre Mondiale, face à la peur que le modèle soviétique produisait sur la bourgeoisie européenne) pour que le capitalisme porte son regard avide sur la structure sanitaire, aspirant (et dans de nombreux cas y parvenant en partie) à convertir un service basique pour la population en une source de profits, sur le dos des salaires, déjà limités, de la classe ouvrière.

Dans cet esprit, nous ne pouvons pas manquer de rappeler la responsabilité des gouvernements du capital (PSOE et PP) qui en Espagne continuent de détruire, depuis des décennies, l’ensemble des conquêtes sociales que la classe ouvrière avait gagnées depuis des siècles, au prix du sang et de la sueur pour gagner des conditions dignes de vie et de travail.

La crise actuelle est un exemple clair de ce que signifie, dans notre pays comme dans ceux qui nous entourent, l’offensive du capital, à savoir que la précarité des moyens sanitaires disponibles pour faire face à l’épidémie trouve son origine dans la privatisation que les différents gouvernements nationaux et ceux des autonomies n’ont cessé de pousser de l’avant durant ces dernières décennies. Et ces reculs n’ont suscité qu’une riposte tardive, hésitante et quelque fois caricaturale, du fait de la résistance des différentes administrations à appliquer ce que la Constitution même leur enjoint dans un des très rares (et, en général, accessoires) points progressistes qu’elle contient, à savoir, que les ressources privées doivent se soumettre aux besoins collectifs, dans les situations comme la situation présente. Seule l’urgence du moment a obligé les différents gouvernements à entamer le sacrosaint droit absolu à la propriété privée.

Un véritable gouvernement au service du peuple n’aurait pas hésité à ordonner la nationalisation des moyens privés nécessaires pour faire front aux besoins réels, en tournant le dos à la marchandisation qui a abouti à ce que des hôpitaux de gestion privée faisant partie du cursus sanitaire publique aient augmenté de 19% leurs investissements ces quatre dernières années, alors que les hôpitaux de gestion publique ne l’ont augmenté que de 6% dans cette même période.

D’autre part, la « crise du coronavirus » est en train de servir les intérêts du grand capital de plusieurs façons. Elle facilite l’expérimentation de formes de travail « flexibles », tel le « télétravail », qui permettent de maintenir le niveau de profit de la bourgeoisie sur le dos des moyens personnels de la classe ouvrière, sans modifier pour autant les salaires perçus (et même, dans certains cas, en les diminuant). De son côté, le patronat s’est empressé d’utiliser la conjoncture pour exiger des mesures qui lui facilitent les licenciements, pour étendre les mesures de régulation de l’emploi temporaire, avec l’assentiment des cliques syndicales, et demander des subventions, des exemptions et tout type d’aides économiques. De fait, les différents gouvernements sont en train d’impulser des mesures de restriction dans le secteur publique, en permettant au secteur privé de fonctionner aujourd’hui sans concurrence aucune. Ils ont également normalisé la fermeture des frontières ainsi que le discours chauvin et protectionniste qui pointait déjà ces dernières années.

Le décret-loi royal 7/2020, qui établit des mesures d’urgences pour répondre à l’impact économique du COVID-19, ne consacre pas une seule ligne pour garantir les droits de la classe ouvrière, laquelle se verra jetée au chômage ou dans une précarisation encore plus forte de ses conditions de travail. A la différence de leurs patrons, les travailleurs et les travailleuses dépenseront leurs allocations de chômage sans que l’urgence créée par l’épidémie ne laisse entrevoir la moindre compensation pour pouvoir envisager l’avenir. Ils verront diminuer leurs droits à l’aide-chômage, et c’est tout. Aucune mesure n’a été prise sous forme d’aides directes aux familles travailleuses pour surmonter la crise de l’emploi et les frais de santé qui découlent des mesures adoptées pour contenir l’épidémie. La réponse a été limitée aux aides déjà acquises – heureusement – pour les repas dans certains groupes scolaires. Le gouvernement regarde ailleurs, à l’heure où il s’agit de résoudre les problèmes de la classe ouvrière, mais il s’active pour sauver les bénéfices du capital.

Toutefois, tous ces avantages pour les capitalistes ne peuvent éviter la crise réelle, la crise économique, qui pointait déjà dans toutes les prévisions et chiffres statistiques ; elle commence à être un fait évident, comme le montre le cataclysme boursier de ces dernières heures, au niveau mondial. La grande crise attendue pour la fin 2020 semble avoir pris une avance de quelques mois. Et si la bourgeoisie mondiale dispose aujourd’hui d’un prétexte, elle ne peut occulter la vérité : le capitalisme est un système irréparable qui ne peut rien offrir de nouveau à l’Humanité et qui, de ce fait, doit être dépassé et envoyé à la poubelle de l’histoire.

En attendant, le chaos et la désinformation sont les meilleurs alliés d’un régime décadent, qui maintient la population dans la peur et la tromperie. Après avoir entendu parler depuis des années des « horreurs » du Venezuela, il n’est pas étonnant de voir que confrontée à la moindre pénurie, la population espagnole se jette sur le papier hygiénique ou sur les aliments de base, comme s’il y avait un risque majeur d’approvisionnement. Et cela, au moment où on commence à connaître la véritable ampleur de la corruption de la famille royale.

Face à cette situation, le PCE (m-l) exprime sa confiance dans les travailleurs et les travailleuses du système publique de santé, et valorise le considérable effort humain que ces professionnels sont en train de fournir ces jours-ci. Il est évident que la situation actuelle ne peut être affrontée qu’à travers une réponse d’un Etat capable d’exercer une direction forte et énergique, à travers la gestion coordonnée de toutes les ressources disponibles. Le développement de la crise sur le terrain sanitaire démontre la supériorité d’un Etat propriétaire des ressources et en capacité de les gérer pour répondre aux problèmes de la masse des travailleurs. En revanche, dans un système où les intérêts économiques privés font écran à la vie humaine, le désastre est inévitable.

C’est pourquoi nous exigeons l’abrogation de la Loi 15/97, qui permet la privatisation de la Santé ; de revenir sur les privatisations sanitaires et l’établissement d’un système de santé complètement publique, qui aurait évité que la situation se dégrade à ce point. Mais, pour cela, il apparait toujours plus évident que la structure politique de l’État monarchique représente un obstacle qu’il est nécessaire d’abattre. Le régime se montre, une fois de plus, comme le ferme défenseur des intérêts du capital. C’est la première barrière que le prolétariat et les classes populaires devront abattre pour pouvoir donner une réponse à leurs propres besoins vitaux.

On ne touche pas à notre Santé Publique !

A bas le régime ennemi des intérêts populaires !

Le communisme est possible, il est nécessaire !

Parti Communiste d’Espagne (marxiste-léniniste)

Le Comité Exécutif.


14 mars 2020

Bénin

EPIDEMIE DU CORONA-VIRUS : A QUOI JOUE LE GOUVERNEMENT DE TALON ?

L’humanité est en émoi face au nouveau défi : celui de Coronavirus ou Covid-19. Devant un mal qui, telle la peste de la fable de La Fontaine, « répand la terreur », les villes entières se vident, les aéroports se ferment, les maisons se cloisonnent, les hommes se « confinent » dans les maisons, les rassemblements d’hommes sont interdits, les établissements scolaires, universitaires, culturels se ferment, l’économie des grandes puissances se déglinguent. Partout dans le monde, c’est un véritable branle-bas, un véritable « sauve qui peut » ; après quelques hésitations, plusieurs gouvernements prennent des mesures fortes pour protéger leurs populations de ce danger  mortel. Ces mesures vont d’aides et de secours  aux entreprises en difficulté jusqu’aux  hommes pour leur vie, non, leur suivie. De la Chine en passant par l’Italie, la France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, etc. tout le monde y va de ces mesures d’urgence. Il s’agit réellement d’une « guerre sanitaire » à conséquences économiques, sociales et culturelles incalculables.

En Afrique qui, pour le moment, apparaît comme le continent le moins touché (mais pour combien de temps encore !), les Gouvernements prennent des mesures. Pas loin de notre pays, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Niger, le Burkina Faso, etc. ferment leurs aéroports aux avions en provenance des pays les plus touchés par la pandémie (Chine, Italie, France etc.) ; ils ferment les établissements scolaires et universitaires. Un pays comme l’Ouganda a même décidé le report des élections présidentielles…

Notre peuple a attendu la réaction appropriée de notre Gouvernement.

Le mardi 17 mars 2020, lorsque le Gouvernement a annoncé qu’il tenait un conseil extraordinaire des Ministres, on pouvait penser qu’il avait saisi la gravité de la situation et qu’il allait prendre des mesures fortes ; malheureusement, ce n’est pas le cas. On a simplement assisté à des recommandations, à des exhortations à l’endroit de populations analphabètes que l’on sait pétries de préjugés que notre classe politique dirigeante a entretenus et cultivés depuis des décennies. On entend « Dieu fera », comme si même dans les Temples de Dieu comme le Vatican ou la Mecque, on ne prend aucune mesure sanitaire d’urgence. Les seules mesures prises par le Gouvernement sont homéopathiques et pour financer les hôtels d’hébergement des gens « mis en quarantaine ». Alors, des questions se posent.

Le Gouvernement a-t-il conscience de la gravité de la situation ou fait-il exprès ? Pourquoi le Gouvernement laisse-t-il ouvertes les écoles où s’entassent des centaines d’écoliers, parfois entre cinq cents et mille ou plus et qui sont des nids de prolifération du virus et de toutes sortes de microbes ? Pourquoi laisse-t-on ouvertes les universités où s’entassent des centaines d’étudiants dans des amphis surpeuplés ? Le Gouvernement ne dit rien des prochaines mascarades d’élections communales et municipales avec déjà une précampagne en cours, occasions des meetings, salutations et donc de contagion de masses ?

Face aux critiques qui fusent de partout sur la tiédeur des réactions gouvernementales notamment face à la non fermeture des établissements scolaires, écoutons la réponse du ministre de la Santé. « Lorsqu’on regarde bien, la propagation de ce virus part des personnes adultes et ce qu’il faut faire au niveau de nos écoles, c’est de nous assurer que nos enfants puissent effectivement respecter ces règles d’hygiène, notamment le lavage systématique des mains à l’eau et au savon ». Une telle réponse venant de la part d’un Médecin a de quoi nous surprendre et suscite une autre question au Ministre : « Si ce sont les adultes qui sont les plus grands propagateurs du virus, cela voudra-t-il dire que les enfants eux sont immunisés contre une contamination et contre une transmission de cette maladie ? »

Le Gouvernement ne prévoit rien pour faire face aux graves menaces qui pèsent sur les activités de survie de milliers et millions de petites gens qui seront bientôt impactées par les mesures de sécurité qui s’imposeront nécessairement.

Face à cette situation qui touche à la vie des hommes de notre pays sans considération de classe, le  Parti Communiste du Bénin appelle le peuple béninois à l’Unité pour faire face au péril. Il demande en conséquence au Gouvernement de prendre en compte la gravité de la situation et de prendre des mesures fortes qui protègent la population.

Pour ce faire :

1°-Le Gouvernement de Talon doit annuler et/ou reporter tout de suite les élections exclusives et frauduleuses en préparation de mai 2020.

2°-Il doit tout de suite, fermer les écoles, les universités, les églises, les mosquées, les temples et interdire tous les grands rassemblements propagateurs du virus.

3°-Il doit revoir en Collectif budgétaire, le Budget annuel de l’Etat en exécution qui ne peut pas ne pas subir des effets négatifs de la Crise sanitaire actuelle pour y intégrer des charges d’aides aux entreprises, aux personnes (agences de tourisme, hôteliers, transporteurs, tenanciers de bars et restaurants, etc.) qui seront frappées de plein fouet dans leurs activités économiques par cette crise.

Sans de telles mesures fortes, le Gouvernement portera la lourde responsabilité de propagation de ce virus dangereux et mortel.

Cotonou, le 19 mars 2020

  Le Parti Communiste du Bénin.