Solidarité avec les prisonniers politiques palestiniens en grève de la faim

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Depuis le 17 avril, un millier de prisonniers politiques palestiniens, enfermés dans les prisons israéliennes, sont en grève de la faim illimitée. Cette date n’a pas été choisie au hasard ; c’est la journée internationale de la solidarité avec les prisonniers palestiniens. Cette grève massive, a été lancée par le leader incontesté du combat du peuple palestinien, Marwan Barghouthi, emprisonné depuis 2004 et condamné à la prison à perpétuité. La force de ce mouvement, c’est son caractère massif et la détermination des grévistes à faire aboutir leurs revendications qui tournent autour des conditions d’incarcération, l’accès aux soins, l’amélioration des conditions de visites pour les familles et la fin de la détention administrative, cette mesure totalement arbitraire qui enferme une personne sans jugement, sans condamnation et qui peut être renouvelée indéfiniment, tous les 6 mois.

Les revendications donnent une idée de la politique carcérale de l’Etat israélien vis-à-vis des Palestiniens, hommes, femmes, enfants : une politique de la terreur, qui vise à briser la résistance du peuple palestinien. En effet, depuis 1967, on évalue à 800 000 le nombre de Palestiniens qui ont été emprisonnés et toutes les familles sont touchées par cette répression systématique qui ne respecte aucune des normes internationales.

A ce jour, ce sont 7400 personnes qui sont emprisonnées, dont 61 femmes, condamnées à de longues peines, 550 mineurs, 750 détenus « administratifs », plus de 1500 prisonniers ayant des problèmes de santé,  13 députés, 25 journalistes. 30 anciens prisonniers sont toujours détenus depuis plus de 25 ans, bien avant les accords d’Oslo en 1993 malgré les promesses israéliennes. 208 prisonniers sont morts en détention dont 72 sous la torture et 53 pour cause de négligence médicale.

Les dernières grèves de la faim des prisonniers se sont déroulée en 2012 et en avril 2014. Elles portaient, entre autres, sur la question des détentions administratives. Les engagements pris par les autorités israéliennes n’ont pas été tenues.

Aujourd’hui, elles « doutent de l’ampleur et de la véracité de la grève » et elles ont déclaré « qu’elles ne cèderaient pas ». Elles ont commencé à déplacer les prisonniers et à confisquer leurs affaires.

Le gouvernement israélien veut faire le silence sur ce mouvement pour mieux le réprimer. Mais il ne fera pas taire les prisonniers grévistes et leurs soutiens, en Palestine et dans le monde.

Il est important de faire connaître largement ce mouvement de lutte, de dénoncer la politique réactionnaire du gouvernement et de l’administration pénitentiaire, de populariser la résistance du peuple palestinien. Il faut dénoncer le soutien apporté par les gouvernements, notamment le gouvernement français, l’UE, le gouvernement des USA… à l’Etat sioniste, qui reproduit les méthodes utilisées par les gouvernements sud africains de l’apartheid.

Nous appelons à participer aux actions d’information et de solidarité qui vont se développer, comme celles qui ont déjà commencé, à partir de séances de projection de film, comme « les 3000 nuits »de Maï Masri, sur les femmes palestiniennes emprisonnées dans les geôles israéliennes.

 

Annexe

Les revendications des prisonniers politiques palestiniens

Les visites :

Reprogrammer la deuxième visite prévue par La Croix Rouge et qui a été annulée.

Le respect de la régularité des visites : toutes les deux semaines.

Plus d’interdiction de visite aux proches d‘un détenu.

Prolongation de la durée de visite de 45 minutes à 90 minutes.

Permettre au détenu de se faire prendre en photo avec ses proches tous les trois mois.

Faciliter l’accueil des familles des détenus devant les portes des prisons.

Permettre aux enfants et aux petits enfants de moins de 16 ans de rentrer à chaque visite.

Les détenues palestiniennes demandent un transport particulier lors des transferts et des visites hors du parloir.

Installer un téléphone public pour les détenus palestiniens dans toutes les prisons et dans les différents quartiers afin de leur permettre de communiquer avec leurs proches. ( les détenus de droit commun  ont droit au portable dans les prisons. )

Les soins:

La fermeture du dit « Hôpital de la prison Al Ramla  » pour sa non-conformité tout en réunissant les conditions nécessaires pour prodiguer les soins aux détenus.

Rompre avec les pratiques et la politique du délaissement et l’abandon sanitaire.

Organisation de consultations médicales périodiques.

Procéder avec rapidité aux interventions chirurgicales et les traiter dans l’urgence qu’elles nécessitent.

Permettre aux médecins spécialistes de l’extérieur d’accéder à l’établissement.

Libérer les détenus souffrant de maladies chroniques ou de handicaps.

Les soins ne doivent pas être à la charge du détenu.