« Tous et toutes égaux, personne n’est illégal »

Supra (Obernai) : non aux licenciements
4 avril 2019


Un ensemble de Collectifs de sans-papiers, de soutien aux migrants, de syndicats, d’associations, de partis… est à l’origine d’une campagne pour l’égalité des droits, notamment pour les sans papiers. Notre parti est signataire de l’appel (1)

Un rassemblement de plusieurs centaines de personnes a eu lieu mercredi 3 avril à la Madeleine, avec une forte participation de travailleurs sans-papiers, souvent des jeunes. De nombreuses interventions des divers collectifs de sans papiers et des syndicats (Solidaire, FSU, CNT, CGT), de RESF, de la LDH se sont succédé. La délégation reçue par le ministère a rendu compte des discussions qui n’ont débouché sur aucun engagement.

Les différentes interventions des représentants des collectifs de sans-papiers et d’organisations de soutien aux migrants ont dressé le tableau du sort des sans papiers et des migrants : ce sont des enfants, victimes des tests osseux peu fiables et récemment dénoncés par des scientifiques, renvoyés à la rue, privés de tout soutien et de scolarité. Ce sont des femmes qui meurent de mauvais traitements dans la rue, ce sont des hommes en grève de la faim pour protester contre des conditions indignes de détention dans les CRA (Centres de Rétention Administrative), véritables prisons pour étrangers, ce sont des jeunes à Calais harcelés par la police… Et ce sont les travailleurs sans papiers qui ne sont pas régularisés, même quand ils fournissent des Cerfa. Des travailleurs qui sont surexploités, « parce qu’ils n’ont pas de droits ».

Tous ont insisté sur la nécessité de « l’unité des collectifs et des syndicats ». Il y a eu plusieurs interventions de structures de la CGT, aussi bien de la Confédération que celle du secrétaire de l’UL de Bobigny qui a annoncé la régularisation des travailleurs de l’entreprise de démolition (voir l’article sur cette lutte dans ce journal), ainsi que de l’UD 78. Ils ont tous insisté sur le fait que c’est surtout par la grève que les travailleurs et travailleuses sans-papiers ont obtenu leur régularisation. C’est d’autant plus important de le rappeler que de nombreux sans-papiers n’ont pas cette expérience. La question de l’unité des travailleurs, avec ou sans papier est également revenue dans les interventions ; une unité pour le combat commun contre la politique du gouvernement au service du patronat, une politique qui s’attaque à tous les travailleurs, aux acquis sociaux. Cette question de la grève est un aspect essentiel, car il fait que ces hommes et ces femmes deviennent des combattants, des lutteurs, et pas seulement des victimes du système. C’est dans ces combats qu’ils acquièrent une conscience de classe.

(1) http://www.personnenestillegal.com/appel/#