Le journal de janvier est paru : il est en télchargement

6/1 rassemblements de soutien au peuple palestinien à Bordeaux, Tours, Strasbourg et le 9, à Pau
8 janvier 2024
Manifestations en soutien au peuple palestinien, le 13 janvier
10 janvier 2024

Editorial

Nos vœux s’adressent aux travailleurs et aux peuples, à toutes celles et ceux qui résistent, qui s’organisent, qui disent : ce système fait d’exploitation toujours plus poussée, de réaction, de guerres, de destruction de la planète, ce capitalisme broyeur de vies, on n’en veut pas, on le combat !
Ceux de Macron, prononcés au soir du 31 décembre, sont, pour leur part, une nouvelle déclaration de guerre contre la classe ouvrière dans toutes ses composantes, contre les pauvres et les masses populaires,
contre les peuples !
Son leitmotiv : le « réarmement de la nation ». Un réarmement au sens propre (415 milliards affectés à la loi de programmation militaire !). Mais aussi, un « réarmement civique » pour faire de 2024 un « millésime français » de « régénération et de fierté ». Un discours truffé d’appels à la « cohésion de la nation » : avec une petite musique à l’attention de la droite et de l’extrême droite, quand il affirme vouloir « rétablir l’autorité partout où elle manque » … et des menaces à peine voilées contre toute contestation, adressées à « tous ceux qui, à la fin, nous affaiblissent » !
De la réforme des retraites imposée à coup de 49.3 malgré plus de six mois de mobilisations sociales, Macron ne veut retenir qu’une chose : la pseudo démonstration « qu’on est bien loin de l’impuissance qu’on nous prédisait ».
Il passe également sous silence la colère et l’inquiétude provoquées par la séquence réactionnaire de la loi immigration : une loi contre les étrangers, les immigrés qui font partie de notre classe ouvrière et
des masses populaires, mais qu’il désigne comme des trafiquants, des fraudeurs, des profiteurs… Une loi qui, de fait, instaure un critère de préférence nationale qui discrimine les travailleurs migrants dans l’accès aux droits sociaux, alors même qu’ils cotisent comme tous les travailleurs. Cette « préférence » inscrite dans la loi immigration n’est pas seulement une concession à la droite, directement tirée du programme du Rassemblement National, c’est la priorité donnée aux intérêts de la bourgeoisie contre tous les travailleurs français ou immigrés, avec ou sans papiers.
Cette édition de La Forge, premier numéro de l’année 2024, est forcément marquée par la gravité de la situation, tant nationale qu’internationale. Dans un contexte de matraquage idéologique intense, nous continuons dans ce numéro à expliciter nos critères pour ne pas confondre les intérêts fondamentaux de la classe ouvrière et des masses populaires, avec les objectifs de l’oligarchie qui veut les diviser et qui essaie de dresser les exploités et les opprimés les uns contre les autres.
Après un bilan politique de l’année 2023 sur le plan national et international, nous revenons largement sur le contenu de la loi immigration, sur ce que signifie la façon dont elle a été adoptée, sur les nombreuses réactions qu’elle a soulevées et sur les mobilisations à venir.
A droite toute ! Cette évolution vers toujours plus de réaction, qui caractérise l’oligarchie, ses partis, son gouvernement … se traduit dans l’appareil d’Etat et dans tous les ministères. Le plan Attal pour les collèges s’inscrit dans la vision profondément inégalitaire, discriminatoire envers les élèves des milieux populaires socialement défavorisés.
Les pages sur le mouvement ouvrier et syndical évoquent les mauvais coups qui marquent la période : la mise en place de la nouvelle convention collective de la métallurgie, l’aggravation des conditions de travail et l’augmentation du nombre d’accidents de travail, la vente à la découpe du groupe Casino et les conséquences pour ses salarié.e.s, les opérations de police contre les livreurs à vélo. Mais elles montrent
également les luttes, les résistances contre la surexploitation et les solidarités quand des syndicalistes ou des travailleurs sans papiers sont attaqués et réprimés.
2024 sera l’année des élections européennes : les hommages rendus à Jacques Delors et à Wolfgang Schäuble, décédés en décembre, sont des hommages rendus par leurs pairs à deux artisans de l’UE contre les travailleurs et les peuples, une Europe de l’austérité, de la réaction et de la guerre où trois puissances impérialistes, l’Allemagne, la France et l’Italie, se retrouvent pour construire le «char du futur».
Dans les pages internationales, nous consacrons un article au départ contraint des derniers soldats français du Niger : changement de cap forcé pour l’impérialisme français, mais pas de nature.
La guerre d’Israël contre le peuple palestinien et le mouvement de solidarité national et international avec ce peuple tiennent encore une place importante, tant la situation est grave. Nous évoquons les manifestations de solidarité partout dans le monde pour dire stop à cette guerre d’extermination de tout un peuple. Les milliers de Gazaouis qui vivent et meurent sous les bombes, sans abris, sans eau, sans nourriture, sans soins , ne peuvent pas se contenter de discours appelant Netanyahou à plus de modération. Pour arrêter le massacre, il faut des sanctions maintenant ! Le travail pour élargir la mobilisation passe par une action proche du terrain, dans les quartiers, dans les facs, dans les secteurs économiques qui ont des liens avec Israël, avec des propositions concrètes ciblant sur la question des sanctions