Le président des riches ne s’occupe pas des bateaux de migrants

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Une semaine d’errance pour 629 migrants, entre les côtes libyennes et le port de Valence en Espagne, à bord de l’Aquarius, puis de trois bateaux italiens. Une semaine de polémique nauséabonde entre un ministre de l’intérieur italien, Salvini membre du parti raciste et fascisant, la Ligue du Nord et les dirigeants des autres pays de l’UE. Macron a été particulièrement puant, en donnant des leçons de moralité à son homologue italien, Conte, alors que les autorités françaises refusaient d’accueillir l’Aquarius. Et qu’elles n’ont accueilli que 640 migrants sur les 9610 qu’elles avaient promis d’accepter, pour « soulager » l’Italie.

Depuis, on assiste à une surenchère de propositions en matière de refoulement des migrants, loin des frontières terrestres de l’UE  : Ciotti, Le Pen ont demandé le renvoi systématique des réfugiés vers la Libye. Des dirigeants issus de partis d’extrême droite, danois, autrichiens, belges, occupant des postes gouvernementaux se prononcent pour la construction de camps de « réception et d’expulsion », sinistres centres de rétention, ou « hotspots », situés en dehors des frontières des Etats de l’UE. Certains ont laissé entendre que le Kosovo et l’Albanie, candidats à l’adhésion à l’UE, pourraient faire l’effort d’en ouvrir, en gage de bonne volonté. Les dirigeants de droite et sociaux démocrates de l’UE sont montés au créneau pour rejeter cette proposition, au nom des « valeurs démocratiques » de l’UE, mais tous veulent renforcer l’Europe forteresse et limiter les critères d’admission aux réfugiés qui fuient les guerres et la misère.

L’absence de réaction et de proposition humanitaire de Macron et de son gouvernement ont provoqué un malaise dans les rangs des députés LRM. Ferrand, le garde chiourme du groupe macronien à l’assemblée, a fustigé ce qu’il a qualifié de « compétition démagogique », en réponse aux critiques venant de quelques députés. C’est la même arrogance vis-à-vis de ceux et celles qui se plaignent du caractère anti sociale de la politique menée. Sur ce plan, les dernières annonces auront du mal à gommer l’épithète de « président des riches et des patrons ». L’ « exit tax » qui allège la fiscalité sur les plus values réalisées lors de la vente d’actions par les gros actionnaires, les dirigeants et hauts cadres bénéficiaires des stocks options et autre bonus, pour soit disant les « retenir » en France, va coûter bien davantage aux finances publiques : il est question d’un manque à gagner de l’Etat de 6 milliards ! Beau cadeau pour les riches ! comme l’ancien pdg de Carrefour qui a touché l’équivalent de 553 Smic, en guise de prime de départ.

Ils pourront d’ailleurs s’enrichir davantage en achetant les actions des entreprises dans lesquelles l’Etat a des actions, que Macron veut vendre : la lucrative Française des jeux, Aéroport de Paris, Engie…

La grève des cheminots entre dans son troisième mois, ce qui en fait déjà la plus longue grève à la SNCF depuis 1995, avec une mobilisation qui reste forte des conducteurs et des contrôleurs. Le mouvement peut se poursuivre durant les mois d’été.

Le parlement et le sénat ont voté le texte de loi, ce qui fait dire à la ministre des transports, qu’il n’y a plus de raison de faire grève. Elle l’avait déjà dit au début du mouvement…

Or, les négociations sur la convention collective des travailleurs des entreprises de transport ferroviaire, qu’il s’agisse des entreprises privées ou de la SNCF, sont engagées. L’objectif des syndicats qui sont toujours dans le mouvement est de faire le maximum de pression, pour imposer une convention collective qui soit la « plus haute » possible. C’est pourquoi, ils maintiennent les appels à la grève, avec notamment un rendez vous important, le 28 juin, qui va coïncider avec une séquence de grève des cheminots et un appel à une mobilisation interprofessionnelle et un appel des organisations de jeunesse, étudiantes et lycéennes.

Travaillons à son succès.