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Les images de la répression brutale par les forces de l’ordre de l’Etat espagnol de milliers de personnes qui voulaient aller voter au référendum organisé en Catalogne, ont fait le tour des médias internationaux et provoqué diverses réactions. Les chefs d’Etat et de gouvernements de la grande majorité des Etats de l’UE ont apporté leur soutien au gouvernement Rajoy, quelques uns ajoutant leur souhait de voir rétabli un dialogue « apaisé ».

Macron n’a pas eu un mot pour les victimes des violences policières, ce qui ne peut étonner de la part d’un président belliciste et partisan de la matraque contre les manifestants. Il a tenu à assurer Rajoy de son soutien et de son attachement à « l’unité de l’Espagne ». Il signifie ainsi qu’il s’inscrit dans la continuité de la coopération militaire, policière et sécuritaire qui lie les deux pays depuis des années.

Cette « unité de l’Espagne », le roi a voulu l’incarner dans une adresse télévisée : ce qu’il a dit, c’est qu’il soutient le gouvernement Rajoy et qu’il n’y a qu’un seul responsable : ceux qui ont organisé le référendum. Pas un mot pour les blessés, sauf pour ceux des forces de l’ordre. Pas un mot sur la revendication d’autodétermination du peuple catalan. Ce roi doit son poste à Franco, qui a fait de la monarchie des Bourbons les continuateurs du régime ; ce roi est à la tête d’une famille où les scandales de corruption s’étalent régulièrement dans la presse à grand tirage. Ce roi a été propulsé en juin 2014 sur le trône pour éviter que la contestation de son père et du régime, qui s’est traduite par de puissantes manifestations dans toute l’Espagne, hérissées de drapeaux républicains, ne finisse par balayer la monarchie…

Ce roi a radicalisé encore le discours et la position des forces qui veulent écraser l’aspiration d’un peuple d’une des nationalités historiques constituant l’Espagne, en l’occurrence la Catalogne, à vouloir exercer son droit à l’autodétermination. La réponse de l’Etat n’a fait que renforcer le camp des organisations et des forces qui veulent l’indépendance. La répression qui a frappé les milliers de personnes qui veulent juste voter, rappelle la période du franquisme, dont les partisans d’aujourd’hui descendent dans les rues pour déverser leur idéologie fasciste, qui se drape dans un nationalisme espagnol frénétique.

C’est la dénonciation de cette répression qui fait l’unité la plus large, aussi bien en Espagne qu’au niveau internationale. On le voit en France, dans les prises de position des organisations syndicales, politiques, des associations démocratiques… qui ont appelé à des rassemblements. Notre parti s’y est associé et a fait connaître les positions de nos camarades du Parti Communiste d’Espagne (marxiste-léniniste).

Le fait que ce mouvement soit dirigé par la bourgeoise catalane et par des forces nationalistes qui ont appliqué des politiques néolibérales, anti ouvrières en Catalogne, dans le cadre de l’autonomie institutionnalisée, pose évidemment de sérieux problèmes, notamment dans les milieux populaires, par delà l’exploitation réactionnaire qui peut en être faite par les forces de la réaction.

L’appel à l’UE, aux institutions de cette construction réactionnaire, anti populaire, au service des monopoles, est une voie sans issue pour la classe ouvrière et les peuples d’Espagne. Ce sont des positions que nous dénonçons et combattons.

La question des nationalités en Espagne a des racines historiques, qui ne sont pas celles qui existent dans notre pays. Nous avons toute une série de documents de nos camarades d’Espagne qui éclaircissent ces questions et qui permettent de comprendre pourquoi ils défendent, depuis la fondation de leur parti, la question de la lutte pour une république populaire et fédérative et pour le droit des nationalités à l’autodétermination. C’est ce qu’ils continuent à défendre aujourd’hui, quand ils disent : « La solution au problème national catalan, à la question nationale dans l’ensemble de l’état, la solution aux conditions de vie des classes populaire passe par un changement de régime en Espagne. Il est clair que nous soutiendrons le peuple de Catalogne dans sa lutte pour les libertés démocratiques, y compris le droit à l’autodétermination, et contre la répression qui s’abat sur lui. En même temps, nous continuerons de lutter pour édifier un Front Populaire Républicain et Antifasciste qui, en partant du rejet total de la dérive fascisante de l’État, travaillera dans tous les domaines et partout à la rupture avec le régime monarchique de l’oligarchie, jusqu’à ce que devienne réelle une République Populaire et Fédérative au sein de laquelle les différents peuples pourront décider de leurs relations les uns avec les autres. »

Il faut faire connaître cette position, qui donne les bases politiques et de classe de nos deux partis marxistes léninistes, unis depuis des dizaines d’années dans le même combat pour l’émancipation de la classe ouvrière et des peuples, pour la solidarité internationale.