Du refus à voter Macron… à la construction des résistances à sa politique

Le refus ouvrier de voter pour Macron, les bonbonnes de la colère, solidarité avec les prisonniers politiques palestiniens, accident dans une « poubelle nucléaire » aux USA
12 mai 2017

Du refus à voter Macron …

Dans notre journal de mai, nous faisons un premier bilan de la campagne présidentielle. Nous y insistons sur la force du rejet de l’injonction à voter Macron, rejet particulièrement fort dans les milieux ouvriers et populaires. C’est un profond désaveu de tous ceux, personnalités, organisations, qui ont participé à l’opération en faveur du vote Macron.

A ceux qui avaient appelé à voter pour lui, pour « barrer la route à Le Pen », Macron et son entourage rappellent qu’il avait demandé un « vote d’adhésion » à son programme et c’est bien la lecture qu’il fait de son élection.

Sa prise de fonction a été une vaste mise en scène de son attachement aux « fondamentaux » de la Vème République, à commencer par l’institution militaire, symbole de la « grandeur de la France dans le monde ». L’annonce d’un prochain voyage au Mali, pour y rencontrer les soldats de l’opération Barkhane et les images de celui qui est devenu chef des armées, descendant les Champs Elysées, façon mini parade du 14 juillet, veulent imprimer ce message de continuité de la politique d’interventions militaires. Hollande, avec qui il a eu un long entretien, a dû l’encourager à afficher cette continuité dans le domaine de la politique internationale.

Parmi les premiers conseillers dont il s’est entouré, il y a le préfet Strzoda, qui a fait la preuve de sa détermination dans la répression des mouvements sociaux, notamment lors du mouvement contre la loi El Khomri. D’autres sont des collaborateurs, souvent jeunes, qui ont participé à l’élaboration de la loi Macron ou à la mise sur pied de la stratégie d’En Marche. Ce sont de purs produits du système de sélection des élites qui, par delà leur « jeune âge » ont déjà eu des responsabilités au plus haut niveau de l’appareil d’Etat, des grandes entreprises.

La nomination d’Edouard Phillipe au poste de Premier ministre, a une signification claire : la politique suivie sera une politique néolibérale qu’une partie de la droite aurait menée avec Juppé et qui ne sera pas une rupture avec celle menée par Hollande.

Macron cherche à se donner une majorité en faisant exploser les partis qui ont gouverné jusqu’à présent, qu’ils soient de droite ou sociaux démocrates, en ralliant des responsables de ces partis, qui « vont à la soupe » pour des places de ministres ou d’élus.

Par-delà ce spectacle, fait de retournements de vestes et de trahisons, il y a le fond de la démarche de Macron : sa politique néolibérale assumée et revendiquée, aussi bien au niveau national qu’au niveau européen.

 

… à la construction des résistances à sa politique

Dès le lundi du deuxième tour des présidentielles, il y a eu des appels à se rassembler, à manifester, pour dire le refus de Macron et affirmer une position d’opposition « dans la rue » à la politique libérale qu’il avait annoncée. C’est ainsi qu’à Paris, un rassemblement, suivi d’une manifestation rassemblant entre 4 et 6000 personnes a défilé de République à Bastille pour ce que les médias ont présenté comme la première manifestation d’opposition à Macron. Nous y étions, aux côtés de nombreux militants de différentes organisations, qui se battent sur différents fronts.

L’annonce du recours aux ordonnances pour faire passer la « loi travail, façon Macron » en juillet, la contre réforme de l’assurance chômage qui devrait se mettre en place dans la foulée… et les fermetures d’usines et les licenciements, comme chez GM&S à la Souterraine, qui se multiplient, sont autant de terrains des prochaines mobilisations.

Il y a déjà des secteurs qui sont dans cette dynamique, mais la riposte ouvrière et populaire massive est encore à construire. Plus que jamais, il faut renforcer les organisations syndicales de lutte, capables d’entraîner les larges masses de travailleurs.